Comment fermer cette année ? La fin de l'année à la japonaise.

Comment fermer cette année ? La fin de l'année à la japonaise.

Résumé

La fin de l'année est souvent festive, mais aussi fatigante.
Et si, avant d'accueillir la nouvelle année, nous prenions le temps de vraiment fermer celle qui s'achève ?

À travers les traditions japonaises de fin d'année, cet article propose une autre manière de ralentir, de se recentrer et de commencer l'année nouvelle avec un esprit plus léger.

La fin de l'année à la japonaise

En France, la fin de l'année est souvent synonyme de retrouvailles, de repas partagés et de célébrations. On se retrouve entre amis ou en famille, on trinque, on compte les secondes avant minuit, puis l'on bascule dans une nouvelle année portée par l'énergie du moment.

Ces instants sont précieux, mais ils peuvent aussi laisser une impression de fatigue. Comme si l'on avançait sans pause, sans vraiment refermer ce qui vient de s'écouler. L'année se termine, mais quelque chose reste en suspens.

C'est sans doute pour cela que beaucoup ressentent aujourd'hui le besoin de ralentir à cette période. Méditer, s'accorder du silence, prendre un moment pour soi. Regarder l'année écoulée avec honnêteté, puis accueillir le matin du Nouvel An avec un esprit plus clair et un sentiment de renouveau plus profond.

Et si, au lieu d'ajouter encore des choses, nous commencions par fermer ?

Au Japon, la fin de l'année est pensée précisément dans ce sens. Avant de célébrer le nouveau départ, on accorde de l'importance au fait de clore l'année qui s'achève. Non pas dans l'excitation ou le bruit, mais dans le calme, l'attention et la simplicité.

 

La fin de l'année au Japon n'est pas une période bruyante

Contrairement à l'image festive souvent associée au passage à la nouvelle année, la fin de l'année au Japon est un temps de ralentissement. Les derniers jours de décembre sont consacrés à la préparation, à l'ordre et à la réflexion. Il ne s'agit pas de faire plus, mais de faire juste.

Fermer une année, dans la culture japonaise, signifie d'abord prendre conscience du temps écoulé. Accepter ce qui a été, remercier, puis laisser partir. Ce rapport au temps donne à la fin de l'année une profondeur particulière, loin de toute agitation.

 

Le grand nettoyage : mettre de l'ordre dans l'espace et dans l'esprit

L'un des gestes les plus emblématiques de la fin de l'année japonaise est le grand nettoyage, ou Osoji. À la fin du mois de décembre, les maisons, les lieux de travail et même les temples sont nettoyés avec soin.

Ce nettoyage va bien au-delà de l'hygiène. Ranger l'espace, c'est aussi clarifier ses pensées. Se débarrasser de ce qui encombre, de ce qui n'est plus utile, permet de faire place à quelque chose de nouveau. Chaque geste devient une manière de déposer l'année écoulée, avec ses réussites comme avec ses difficultés.

Lorsque l'espace est allégé, l'esprit l'est souvent aussi.

 

Le 31 décembre : un moment pour s'arrêter

Le 31 décembre, appelé Omisoka, n'est pas une journée tournée vers l'action. C'est un moment de pause. On ralentit, on regarde l'année qui se termine, on prend conscience du chemin parcouru.

Il n'y a pas d'urgence à célébrer. L'essentiel est ailleurs : reconnaître ce qui a été vécu et marquer une transition. Cette journée invite à une forme de douceur envers soi-même, comme un geste de clôture avant le passage à l'année suivante.

Les soba du Nouvel An : un rituel simple pour marquer la transition

Le soir du 31 décembre, il est traditionnel de manger des soba, appelés Toshikoshi soba. Ces nouilles longues et fines symbolisent le passage d'une année à l'autre et le souhait de continuité.

Ce repas est volontairement simple. Il ne s'agit pas d'un festin, mais d'un geste symbolique. Manger les soba, c'est reconnaître la fin d'un cycle et se préparer au suivant, sans excès, avec sobriété et attention.

 

Les cloches de la nuit : laisser partir l'année par le son

À la tombée de la nuit, les temples font résonner les cloches du Nouvel An, connues sous le nom de Joya no kane. Les cloches sont frappées 108 fois, un nombre qui symbolise les attachements et les désirs humains dont il est bon de se détacher.

Le son des cloches accompagne la transition vers la nouvelle année. Il ne demande aucune action particulière, seulement une écoute attentive. C'est une manière de laisser partir l'année passée, non par des mots, mais par le silence qui suit chaque son.

Le matin du Nouvel An : commencer avec de l'espace

Le matin du 1er janvier est marqué par le calme. Les rues sont silencieuses, les agendas encore vides. Rien n'est pressé. Ce temps suspendu offre un espace rare pour commencer l'année sans précipitation.

Commencer ainsi, avec de l'espace et de la clarté, permet d'aborder la nouvelle année avec un esprit disponible. Le début ne cherche pas à impressionner, mais à s'installer doucement.

Le thé japonais, une présence discrète

Dans ces moments de fin et de début, le thé japonais accompagne naturellement le quotidien. Après le grand nettoyage, pour faire une pause. Pendant le repas du 31 décembre, pour se réchauffer. Le matin du Nouvel An, pour tenir une tasse chaude entre ses mains.

Le thé n'est pas le centre de l'attention. Il est simplement là, comme un soutien discret. Un moyen de respirer, de ralentir, de revenir à soi.

Fermer l'année pour commencer plus léger

La fin de l'année au Japon nous rappelle qu'il est parfois nécessaire de fermer avant de commencer. De ralentir avant d'avancer. De faire de la place, plutôt que d'ajouter.

Dans un monde qui va vite, choisir de clôturer l'année avec simplicité et attention est déjà un geste fort. Une respiration, une tasse de thé, et l'année nouvelle peut alors commencer, plus légère.

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